jeudi 16 juillet 2026
Pianiste
Cecilia Soria
Programme
sonates 0, 1, 2, 4 et 5
Le 28 juillet prochain : Sonates 3, 6 et 7 : Páramo Pétreo et la Aniquilación de un sueño”
Le compositeur et l'interprète
Federico Ibarra Groth est l’un des compositeurs les plus féconds et significatifs de la musique mexicaine contemporaine. Il possède un langage propre qui le rend
unique. Son œuvre intègre un grand nombre des genres musicaux de concert et de scène : musique instrumentale, de chambre, chorale, vocale et symphonique ainsi qu’opéras et ballets. L’œuvre pour piano s’étend sur 48 ans de la vie du compositeur qui fête cette année son 80ème anniversaire. Floating City is a painting by Zdzislaw Beksinski
Cecilia Soria est une pianiste d’origine mexicaine. Elle habite à Genève et partage sa vie entre sa passion musicale et la pratique de la profession de psychothérapeute.
La Sonate O est un brillant exercice de composition qui explore la forme sonate. Sous le titre de l’œuvre on trouve l’inscription : imitando a Prokófiev, que imitaba a Haydn, que imitaba a…” En effet, la sonate O est un amusant hommage au compositeur russe et à la tradition musicale occidentale en général. Elle utilise un langage harmonique de style fellinian basé sur la gamme chromatique et non pas sur les gammes majeures ou mineures.
La Sonate 1 unique dans son genre combine le jeu au clavier avec des techniques d’avant-garde dans les années 60 et 70. L’œuvre est constituée de 3 parties. La partie intermédiaire est jouée dans les cordes avec les doigts et avec des objets divers. Elle n’a pas de tonalité mais les sons prennent des textures, des couleurs et des densités variables.
La Sonate 2 présente des affinités avec Der Schrei der Natur, d’Edvard Munch. Le thème initial, come un grido (comme un cri) est une représentation de la terreur du personnage agonisant du tableau avec par-dessus le ciel en flammes et la dévastation qui s’en suit. Le cri apparaitra à quatre reprises comme les quatre versions du célèbre tableau, avant que la coda nous plonge inexorablement dans l’espace crépusculaire.
La Sonate 4 constitue un moment culminant de la créativité du compositeur. La forme sonate est revisité : deux thèmes pour l’exposition, le premier dans les aigus du piano, le second dans les graves. Le développement est précédé par un élément inattendu : une mélodie d’apparence dénudée, allégorie de la sagesse. Ensuite une ascension du pianissimo au fortissimo au même temps qu’on a l’impression de tomber dans un abîme. Réapparait alors le récitatif de la sagesse qui tel l’ouroboros, le serpent qui se mord la queue, affirme la nature cyclique et la continuité de la vie.
La Sonate 5 se réfère assez strictement au canevas de la sonate classique : exposition, développement et réexposition dans le premier mouvement avec la particularité toutefois que les motifs utilisés ne sont pas repris tels quels dans la réexposition. Le deuxième mouvement est un scherzo qui malgré sa gaité ne parvient pas à s’affranchir complétement de la mélancolie du mouvement précédent. Le final, qui reprend des thèmes générés dans les deux premiers mouvements, termine la sonate dans une explosion de sonorités exaltantes.

