mardi 28 juillet 2026
Musicienne
Cecilia Soria, piano
Programme
Federico Ibarra Groth
Sonates 3, 6 et 7
Páramo pétreo
La aniquilación de un sueño
Le compositeur, l'interprète
Federico Ibarra Groth est l’un des compositeurs les plus féconds et significatifs de la musique mexicaine contemporaine. Il possède un langage propre qui le rend
unique. Son œuvre intègre un grand nombre des genres musicaux de concert et de scène : musique instrumentale, de chambre, chorale, vocale et symphonique ainsi qu’opéras et ballets. L’œuvre pour piano s’étend sur 48 ans de la vie du compositeur qui fête cette année son 80ème anniversaire.
https://federicoibarra.com/index.html
Cécilia Soria est une pianiste d’origine mexicaine. Elle habite à Genève et partage sa vie entre sa passion musicale et la pratique de la profession de psychothérapeute.
La sonate 3 « Madre Juana » (1988, trois mouvements, durée 14’) porte le même nom que l’opéra du compositeur écrite deux ans plus tôt. C’est l’histoire d’une possession démoniaque collective dans le couvent des sœurs ursulines enLoudun France, 1634. Le père Grandier sera incarcéré, torturé, jugé et condamné au bûcher accusé de séduire les religieuses et d’avoir un pacte avec le diable. Les scènes de Sonate -correspond respectivement : Libero rubato – Lento – Andante : les péripéties de Grandier dès son arrivée au couvent jusqu’à sa condamnation. Lento : La passion et mort de Urbano Grandier et finalement, Allegro : l’exorcisme et la libération de Madre Juana par Sourin.
La sonate 6 (2001-2003, deux mouvements : Andante / Presto, durée 11’). Dans le premier mouvement, trois motifs différents, de caractère ailé et volatile, sinueux et enfin grave et méditatif dialoguent comme les personnages d’un roman. Le second mouvement répond au premier par son caractère essentiellement rythmique de toccata.
Páramo Pétreo (2006, durée, 5’). Le compositeur s’inspire du roman de Juan Rulfo, Pedro Páramo : « Le lien que je trouve avec cette œuvre sont les obsessions, les répétitions des thèmes et d’ambiances : chez Rulfo ce sont la poussière, le vent, le voyage qui est à la fois fuite, randonnée, pèlerinage et traque de fantômes. Ces éléments rencontrent mes propres obsessions ». Il poursuit : « La construction de l’œuvre est simple : trois notes qui se répètent incessamment à lesquelles s’ajoutent des contrepoints insinuant une passacaglia ou une chaconne. A l’instar de Juan Rulfo, j’ai utilisé les deux « p » et j’ai transformé le titre de son roman ».
La sonate 7 (2005-2012, quatre mouvements : Lento/ Andante /Moderato / Andante ; durée 19’) représente la culmination de la tendance du compositeur à préserver la forme classique de la sonate. Cette tendance est esquissée tout au long du cycle et trouve sa véritable expression avant la sonate 7, dans les sonates 4 et 5.
La Aniquilación de un sueño (L’annihilation d’un rêve, 2019, durée 5’). Dernière œuvre pour piano solo du compositeur qui, surpris lui-même de le constater, me dit ne rien avoir écrit à son sujet hormis une description sommaire. Le titre suggère donc la réduction au néant d’une illusion, mais… peut-on vraiment parler du néant face à cette musique enchanteresse au même titre que désabusée ?
Floating City is a painting by Zdzislaw Beksinski

